Deus, Flávio Rocha de; https://orcid.org/0000-0002-7523-5512; https://lattes.cnpq.br/2537695178790315
Resumo:
Ce travail se consacre à explorer la complexité de la révolte métaphysique, exposée dans L’Homme révolté (1951), à travers la taxonomie de son non (sa face négative) et de son oui (sa face affirmative), en mettant en lumière ses dimensions éthiques, esthétiques, historiques et métaphysiques. Dans un premier temps, nous analysons la signification du oui et du non de la révolte comme des mouvements intrinsèques à celle-ci et leur rapport à la création de valeurs par l’imposition de limites issues de l’expérience humaine. Ensuite, à partir du commentaire de Camus sur Scheler, nous distinguons la révolte camusienne du ressentiment : ce dernier, purement réactif et destructeur ; celle-là, articulant une éthique solidaire fondée sur la raison et la sensibilité. Parallèlement, nous avançons dans la littérature spécialisée en explicitant l’occidentalisme hégélien de Camus dans sa conception historique de la révolte et, à travers les catégories deleuziennes, nous démontrons que l’absurdisme camusien se distingue des philosophies nihilistes, proposant de les dépasser. Pour mieux comprendre la métaphysique dans la théorie de la révolte, nous comparons de manière instrumentale l’épistémologie camusienne à la théorie de la connaissance kantienne, et nous explicitons la distinction entre la face empirique de la révolte et son aspect métaphysique. Par la suite, nous introduisons le concept de « ressentiment théogonique » pour identifier le Non de la révolte métaphysique, caractérisé par la négation de l’absurde et la tension entre le rejet du monde créé et la dépendance à l’égard de la transcendance divine. Des philosophes et écrivains tels qu’Épicure, Lucrèce, Sade, Milton, Baudelaire et Dostoïevski nous ont aidés à analyser les dangers des révoltes mal orientées. Enfin, nous intégrons cette recherche par l’organisation des bases de la théorie de l’art camusienne, présente dans son essai de jeunesse Art et communion (1931) et dans les idées exposées dans son essai de maturité L’Homme révolté (1951). Dans cette analyse, nous observons comment les langages artistiques les plus divers (architecture, musique, sculpture, peinture, littérature et théâtre) dialoguent avec la théorie générale de l’art comme révolte proposée par Camus.Ce que nous mettons en évidence, afin de souligner la nature du Oui, c’est que pour Camus, l’art constitue une exigence métaphysique d’unité : les hommes, refusant le monde tel qu’il est sans pour autant vouloir s’en évader, exaltent et nient le réel simultanément, mettant en lumière le rôle de l’art comme forme d’affirmation et de dépassement de l’absurde. Ici, la création artistique émerge comme une fabrique d’univers où l’homme peut régner et véritablement connaître.